Edgar “Morin” Nahoum enfin mort à 104 ans après plus d’un siècle d’agitation sans-frontiériste

La Rédaction
Démocratie Participative
\n30 mai 2026

Cette fois, ça y est !

Le juif Edgar Nahoum — dit “Morin” pour les goyim — est finalement mort.

Paris Match :

Géant de la pensée marqué politiquement à gauche, il était l’auteur d’une oeuvre très diverse, connue bien au-delà de la France, à contre-courant de la sociologie traditionnelle et se présentant comme une réflexion sur l’Homme à partir des données de la science.

“Jusqu’à ses derniers jours, Edgar Morin est demeuré attentif au monde, aux autres, et aux grands enjeux humains qui ont nourri sa pensée”, a indiqué son épouse, Sabah Abouessalam Morin, dans un communiqué transmis à l’AFP.

“Aujourd’hui, le vide qu’il laisse est immense. Mais son courage, sa fidélité aux êtres et aux idées, son exigence morale et son espérance continuent de nous accompagner”, a-t-elle ajouté.

Malgré son grand âge, Edgar Morin était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel. Car ses réflexions sur le changement de nos modes de vie, alors que s’accélère la mondialisation, disent beaucoup sur notre époque.

Docteur honoris causa de 38 universités étrangères, il a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits.

L’originalité de ce juif laïque, qui se percevait comme un “braconnier du savoir”, a été de refuser la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire.

À la fois historien, philosophe et scientifique, il a tenté de briser les frontières entre les disciplines.

Edgar Nahoum était né enfant unique le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris.

En 1941, il rejoint le Parti communiste et entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin.

Il frappe les esprits en publiant en 1959 “Autocritique”, qui relate son exclusion du PCF, dont il a été un des cadres, et ses propres aveuglements face au stalinisme. Il est aussi à cette époque l’un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie.

Voilà pour l’hagiographie officielle de ce rabbin laïque (“penseur complexe”).

Nahoum venait de Salonique, le même foyer juif que le grand-père de Nicolas Sarközy. À peine adolescent, cet immigré se passionna pour la révolution marxiste mondiale qui avait déjà engouffré la Russie et qui rongeait alors l’Espagne. Frénétique, Nahoum “l’antifasciste” soutenait la branche trotskiste de l’insurrection.

Rallié au mouvement pro-soviétique en 1941 pour écraser les mouvements d’ordre européens, notre juif s’en éloigna dix ans plus tard, non pas pour des raisons de modération, mais au contraire parce que Nahoum voyait dans la Chine maoïste un nouvelle élan révolutionnaire capable d’enflammer le tiers-monde à la place de l’URSS jugée trop “conservatrice”.

Ce n’est que tardivement, à la fin des années 1970, qu’Edgar Nahoum abandonne le marxisme révolutionnaire, démonétisé, pour promouvoir un cosmopolitisme plus irénique qui puisse pleinement intégrer la démocratie de marché mondiale alors en plein essor.

Il n’est plus question de révolution et notre “penseur complexe” troque l’unification du prolétariat planétaire pour un concept du même acabit, mais plus évasif, “Terre-Patrie”. Il offrait l’avantage au juif errant de pouvoir se dire partout chez lui, comme aux grandes heures de la Révolution d’Octobre.

Tel Moshe guidant mythologiquement son peuple à travers le désert pour rejoindre la Terre Promise, Edgar Nahoum prêche.

Nous devons cultiver notre jardin terrestre, ce qui veut dire civiliser la Terre. L’évangile des hommes perdus et de la Terre-Patrie nous dit : soyons frères, non parce que nous serons sauvés, mais parce que nous sommes perdus. Soyons frères, pour vivre.

Cette planète est pourtant un monde, le nôtre. […] La prise de conscience de la communauté de destin terrestre doit être l’événement clé […] Nous sommes solidaires dans et de cette planète. C’est notre Terre-Patrie.

Après un siècle d’agitation sans-frontiériste en France, le résultat tangible des idées d’Edgar Nahoum peut être évalué en sortant dans les rues françaises.

Si la planète n’est toujours pas unifiée sous le sceptre de fer du Machiac’h, le Français moyen peut au moins contempler le monde entier chez lui.


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