La Rédaction
Démocratie Participative
\n05 juillet 2026

William et Daisy Myers
Le 13 ou 16 août 1957, William et Daisy Myers, un couple noir avec trois enfants deviennent la première famille noire à s’installer dans Levittown, une “banlieue planifiée” — l’équivalent des villes nouvelles françaises — de Pennsylvanie, dans le secteur de Dogwood Hollow.
Levittown est l’un des symboles de l’essor de la banlieue américaine de l’après-guerre. Construite par William Levitt à partir de 1947-1948, elle propose des maisons abordables pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale, souvent via des prêts GI Bill.
Elle est explicitement réservée aux Blancs : les contrats de vente incluent des clauses raciales. À l’époque, la ville compte environ 60 000 habitants, tous blancs.
Les Myers achètent leur maison via une vente privée, aidés par des voisins, Bea et Lew Wechsler, un couple juif avec un passé d’activistes antiracistes. Le prix est d’environ 12 150 dollars. Ils emménagent discrètement, mais la nouvelle se répand rapidement.
Dès l’arrivée de la famille, une foule de Blancs se rassemble devant leur maison. Le 16 août 1957, des centaines de personnes (parfois jusqu’à mille ou plus selon les jours) se massent pour les chasser : cris, jets de pierres, feux de croix, effigie brûlée, insultes racistes. Les manifestations d’autodéfense raciale durent des semaines, avec des rassemblements quotidiens. La police locale intervient peu et certains résidents forment des comités anti-intégration.

Racisme populaire à Levittown
L’affaire attire l’attention nationale. Le gouverneur de Pennsylvanie George Leader et le procureur général de l’État s’impliquent. Des contre-manifestants et des soutiens émergent (souvent juifs, renforcés d’éléments marxistes), mais la pression est énorme.

Manifestants pro-blancs à Levittown
Les intrus refusent de partir malgré les avertissements. Après plusieurs mois (environ quatre), une injonction judiciaire met fin aux rassemblements pro-blancs. Les noirs restent dans la maison pendant quatre ans (jusqu’en 1961 environ), puis déménagent à York, en Pennsylvanie. Daisy Myers devient une figure du mouvement pour l’africanisation des villes blanches et est parfois appelée la « Rosa Parks du Nord ».
L’évènement est documenté dans un film de 1957, Crisis in Levittown, qui capture les légitimes inquiétudes des résidents blancs. Il met en lumière les tensions autour de la propriété, la peur de la baisse des valeurs immobilières et la légitime colère des Blancs qui ont déjà fui d’autres villes ravagées par le crime noir.
Cet événement illustre la résistance au mélange racial obligatoire après la Seconde Guerre mondiale suite à la décision de la Cour suprême (Shelley v. Kraemer, 1948) qui avait invalidé les clauses restrictives raciales dans les contrats immobiliers. Il montre aussi l’action subversive des juifs pour détruire l’homogénéité des villes blanches américaines.
Aujourd’hui, pratiquement toutes les villes américaines sont de facto multiraciales.
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