La Rédaction
Démocratie Participative
\n06 décembre 2025
Précédemment :
-
- La sainte guerre raciale du Vieux Sud : leçons pour la guerre de demain
- Histoire du nationalisme blanc américain : Nathan Bedford Forrest, le penseur de l’action directe (chapitre 1)
- Histoire du nationalisme blanc américain : Edward Pollard, le précurseur (Chapitre 2)
- Histoire du nationalisme blanc américain : l’invention du racisme politique (chapitre 3)
- Histoire du nationalisme blanc américain : défaite militaire et victoire politique du Sud blanc (chapitre 4)
- Histoire du nationalisme blanc américain : le triomphe du racisme d’état américain (chapitre 5)
- Histoire du nationalisme blanc américain : Madison Grant, penseur du déclin racial des États-Unis (partie 6)
Theodore G. Bilbo, un politicien ségrégationniste du Mississippi, a écrit Take Your Choice: Separation or Mongrelization comme un testament racial et politique, motivé par la défense de la race blanche ancrée dans sa carrière, exacerbée par les évolutions post-Seconde Guerre mondiale. Il l’a rédigé sur plus de trois ans (début probable vers 1943-1944), mais l’a finalisé en 1946-1947, alors qu’il était malade. Le livre, auto-édité en 1947, vise à alerter contre “l’abâtardissement” (métissage racial) en tant que menace existentielle pour la civilisation blanche, en plaidant pour une séparation totale des races via la déportation des Noirs vers l’Afrique.
1. Chronologie des événements ayant poussé Theodore G. Bilbo à écrire Take Your Choice: Separation or Mongrelization

Theodore G. Bilbo a été gouverneur du Mississippi à deux reprises : de 1928 à 1932, puis de 1940 à 1944, mais ces deux mandats sont très différents.
Lors de son premier mandat (1928-1932), il arrive au pouvoir en se présentant comme le champion des « rednecks » (petits Blancs pauvres des collines) contre l’oligarchie des planteurs de la Delta. Il promet routes, écoles gratuites et livres scolaires pour les enfants blancs pauvres, et il tient parole : il fait construire des milliers de kilomètres de routes en gravier, crée le premier système de manuels scolaires gratuits du Sud et augmente massivement le budget de l’éducation. En même temps, il mène une campagne raciste d’une violence inouïe : il accuse son adversaire d’être favorable au « mélange social » et brandit la peur du vote noir.
Réélu pour un second mandat en 1940 sur un programme raciste, il utilise le pouvoir de l’État pour maintenir la suprématie blanche par tous les moyens : il bloque toute tentative d’inscription des Noirs sur les listes électorales, soutient publiquement le Ku Klux Klan, refuse les fonds fédéraux qui auraient pu bénéficier aux écoles noires et prononce des discours où il appelle à la violence contre ceux qui voudraient « forcer l’égalité » raciale. C’est pendant ce second mandat qu’il commence à travailler sérieusement sur son projet de déportation massive des Noirs vers l’Afrique et qu’il prépare les idées qui deviendront plus tard Take Your Choice. Il quitte le poste en 1944 pour retourner au Sénat.
1935-1940 : Bilbo avait déjà été élu sénateur démocrate du Mississippi (1935) et avait été réélu en 1940. Il soutient le New Deal de Roosevelt mais s’oppose farouchement aux lois fédérales anti-lynchage (filibuster en 1938) et propose des amendements pour déporter les Noirs vers le Liberia, voyant cela comme une solution à la question raciale. Ces idées, inspirées de figures comme Thomas Jefferson et Abraham Lincoln, forment le socle du livre. Il étudie les relations raciales sur 30 000 ans d’histoire, ce qui le motive à commencer des notes pour un ouvrage sur la séparation raciale.
1938-1939 : Il présente le « Greater Liberia Bill » au Sénat, visant à relocaliser 12 millions de Noirs en Afrique de l’Ouest avec des fonds fédéraux. Le projet échoue mais récolte plus de 2,5 millions de signatures de pétitions (principalement de Noirs influencés par Marcus Garvey). Cela renforce sa conviction que la séparation est viable et urgente, un thème central du livre. La Seconde guerre mondiale retarde ces efforts, mais il les réactive dans son manuscrit.
1940-1944 : Pendant la guerre, Bilbo s’opposent aux projets de lois anti-poll tax (impôt électoral discriminant) et anti-lynchage.
La poll tax (littéralement « impôt par tête » ou « capitation ») était une taxe fixe que chaque citoyen devait payer pour avoir le droit de voter lors des élections, qu’elles soient locales, d’État ou fédérales. Dans le Sud des États-Unis, après la “Reconstruction” (fin du XIXe siècle), onze États à majorité démocrate et ségrégationniste (dont le Mississippi, la Géorgie, l’Alabama, la Louisiane, etc.) ont réintroduit ou maintenu cette taxe entre 1889 et 1908 précisément pour priver les Noirs du droit de vote. Le montant était faible (entre 1 et 2 dollars de l’époque, soit environ 30 à 60 dollars actuels), mais il fallait le payer chaque année et souvent de manière cumulative. Si une personne n’avait pas payé la poll tax pendant plusieurs années, elle devait régler toutes les arriérés d’un coup pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales. Dans les années 1930-1940, la poll tax réduisait parfois de 80 à 90 % la participation électorale noire. Les lois anti-poll tax étaient donc les projets de loi fédéraux qui voulaient interdire cette pratique au niveau national.
Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, la pression monte : les soldats noirs qui ont combattu pour la démocratie reviennent et exigent le droit de vote ; les syndicats et les associations de droits civiques font campagne. Theodore G. Bilbo et les autres sénateurs sudistes font systématiquement filibuster (obstruction parlementaire) pour bloquer ces lois au Sénat, parfois pendant des jours entiers. Bilbo prononce par exemple un filibuster de plusieurs heures en 1938 et encore en 1942-1944.
La poll tax n’est définitivement abolie qu’en deux étapes :
- En 1964 : 24e amendement de la Constitution interdit la poll tax pour les élections fédérales?
- En 1966, la Cour suprême déclare la poll tax inconstitutionnelle même pour les élections locales et d’État (arrêt Harper v. Virginia Board of Elections).
C’était donc l’un des outils les plus efficaces et les plus cyniques pour maintenir la suprématie blanche électorale dans le Sud jusqu’au milieu des années 1960.
Des lynchages au Mississippi (ex. 1942-1944) et la décision de la Cour suprême Smith v. Allwright (1944), qui met fin aux primaires blanches, l’alarment : il craint une « prise de pouvoir » par les Noirs. C’est à cette période qu’il intensifie ses études raciales et commence à rédiger le livre.
La fin de la guerre (victoire alliée) et le retour de vétérans noirs exigeant l’égalité déclenchent une forte réaction de Bilbo. Il dénonce également le livre Black Boy de Richard Wright au Sénat comme « obscène » et propageant des troubles raciaux. Le livre raconte l’enfance et l’adolescence de Richard Wright, un Noir né en 1908 près de Natchez (Mississippi), et dénonce les lynchages de criminels noirs, la ségrégation et invente une “terreur blanche” quotidienne.
Dans une correspondance de mai 1945 avec le révérend Lewis L. Scott, il discute de relancer son projet de rapatriement pour industrialiser l’Afrique et éviter le métissage. Il perçoit les revendications antiracistes (comme le Committee on Civil Rights de Truman en 1946) comme une menace existentielle, le poussant à accélérer l’écriture pour alerter les Blancs du Sud.
En 1946, au Sénat, Bilbo attaque la FEPC comme un outil de mélange racial. Le FEPC (Fair Employment Practice Committee) était une agence fédérale américaine créée en juin 1941 par le président Franklin D. Roosevelt sous la pression d’une immense mobilisation noire menée par A. Philip Randolph (leader syndical des porteurs de trains noirs). Randolph avait organisé une marche massive de 100 000 Noirs sur Washington prévue pour le 1er juillet 1941 afin de protester contre la discrimination dans les usines de défense (les Noirs étaient refusés à l’embauche alors que les États-Unis se réarmaient avant d’entrer en guerre). Roosevelt, qui craignait à la fois le scandale et les troubles, céda une semaine avant la marche et signa le décret exécutif 8802 le 25 juin 1941. Ce décret interdisait la discrimination raciale dans toutes les entreprises qui avaient des contrats avec le gouvernement fédéral (donc presque toute l’industrie de guerre) et créait le Committee on Fair Employment Practice (Comité pour une pratique équitable de l’emploi), plus connu sous son sigle FEPC.
Cela renforce sa motivation à documenter ses idées dans un livre pour contrer les « libéraux du Nord » et les groupes comme la NAACP.

En Mai-juin 1946, il lance sa campagne pour la réélection au Sénat. Dans des discours enflammés (ex. à Pontotoc, Meridian, Okolona), il invoque la bombe atomique (post-Hiroshima 1945) comme préférable à un « lent abâtardissement » sur 300 ans, citant l’anthropologue Ralph Linton. Cette campagne, gagnée le 2 juillet avec 51 % des voix, mais marquée par la suppression de la moitié des votes noirs, l’expose à des enquêtes fédérales pour incitation à la violence.
Le 1er août 1946, à Poplarville (Mississippi), Bilbo annonce la parution prochaine de son livre : après 9 ans d’études et plus de 3 ans d’écriture, il veut exhorter les Blancs à choisir la séparation pour préserver les races, prédisant une Amérique sans races pures d’ici 300 ans sans action. Sur Meet the Press, il avoue son adhésion au Ku Klux Klan (depuis les années 1920), défendant cela comme un moyen de préserver la suprématie blanche. Sa santé déclinante le pousse à finaliser le livre comme un « legs » urgent.
Durant l’hiver 1946-1947, des enquêtes sénatoriales sur ses incitations à la violence sont lancées. Les républicains bloquent son siège au Sénat (janvier 1947), le renvoyant au Mississippi. Ce revers politique, combiné à la montée des inscriptions électorales noires (40 000 en 1947) et aux critiques internationales (ex. URSS et Inde dénonçant le racisme US à l’ONU), l’incite à publier le livre comme un cri de ralliement final contre l’« égalité raciale communiste ».
Début 1947, Bilbo auto-édite le livre depuis son lit d’hôpital (Dream House Publishing, Poplarville), après des refus d’éditeurs classiques. Il le voit comme une extension de sa campagne de 1946.
Le 21 août 1947, Bilbo meurt à 69 ans d’un cancer buccal à l’hôpital de La Nouvelle-Orléans. Le livre, sorti juste avant, devient un texte culte pour le mouvement sudiste, influençant les Dixiecrats de 1948.
2. Le livre

L’idée centrale est exprimée dès le titre et martelée tout au long du livre : les Américains blancs n’ont que deux possibilités devant eux. Soit ils imposent une séparation physique totale et définitive des races par le rapatriement massif des douze millions de citoyens noirs vers l’Afrique (principalement le Liberia), soit ils acceptent le métissage progressif qui, selon Bilbo, aboutira inévitablement en quelques siècles à la disparition complète de la race blanche et de la civilisation qu’elle a créée. Il écrit qu’il préférerait voir sa race anéantie en un instant par la bombe atomique plutôt que de la voir se dissoudre lentement dans ce qu’il appelle le « tourbillon du métissage ».
L’ouvrage est divisé en seize chapitres. Les premiers affirment que toute l’histoire de la civilisation, de l’art, de la science et du gouvernement est exclusivement l’œuvre de la race caucasienne et que les peuples noirs d’Afrique occidentale n’ont jamais produit la moindre civilisation digne de ce nom. Bilbo s’appuie longuement sur les théories raciales et eugénistes du début du vingtième siècle. Il consacre ensuite des chapitres entiers à montrer que partout où Blancs et Noirs ont vécu ensemble sans barrière absolue (Brésil, Haïti, Portugal, Égypte ancienne), le résultat a été le mélange des sangs et la décadence irréversible.
Il attaque avec une violence extrême les organisations antiracistes, la NAACP, les pasteurs progressistes du Nord, les agitateurs noirs et accuse le communisme d’utiliser l’idée d’égalité pour détruire la race blanche par l’égalité sociale et sexuelle.
La seconde partie du livre expose en détail le projet que Bilbo défendait au Sénat depuis 1939 : un programme fédéral financé par l’État qui organiserait et paierait le retour volontaire de tous les Noirs en Afrique. Il présente cette déportation comme une bénédiction pour les Noirs eux-mêmes. Il termine par un appel désespéré et menaçant : les Blancs doivent choisir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, et considérer comme traîtres à leur race tous ceux qui prônent l’égalité ou le simple maintien des Noirs sur le sol américain. Le ton est constamment apocalyptique. Bilbo répète que le sang blanc est le bien le plus précieux de l’humanité, que son mélange avec le sang africain détruirait à jamais la grandeur des États-Unis et que, sans séparation immédiate, l’Amérique deviendra dans quelques siècles une nation métisse, dégénérée et oubliée.
3. L’influence deTake Your Choice: Separation or Mongrelization

Démantèlement de la statue de Theodor Bilbo devant le Congrès du Mississipi en 2022
3.1. 1947-1955 : Influence immédiate dans le Sud profond et chez les Dixiecrats
1948 : Le livre est massivement distribué pendant la campagne présidentielle des Dixiecrats (States’ Rights Democratic Party) de Strom Thurmond et Fielding Wright. Des milliers d’exemplaires sont vendus ou offerts lors des meetings. Il devient le principal argumentaire théorique du mouvement pour justifier la ségrégation éternelle et la déportation.
1948-1954 : Cité comme référence par les Citizens’ Councils (White Citizens’ Councils), créés en 1954 après l’arrêt Brown v. Board of Education (fin de la ségrégation scolaire). Ces organisations « respectables » (costume-cravate) reprennent les arguments pseudo-scientifiques de Bilbo sur le métissage comme « dégénérescence biologique ».
Le livre est recommandé dans les bibliographies internes du Klan et des groupes néo-confédérés.
3.2. 1956-1970 : Texte de chevet du « Massive Resistance » et du Klan radical
1956-1965 : Pendant la période du Massive Resistance (résistance massive à la déségrégation), le livre est réimprimé clandestinement plusieurs fois (notamment par des imprimeries de Louisiane et du Mississippi).
Sam Bowers, fondateur du White Knights of the Ku Klux Klan du Mississippi (le Klan le plus violent des années 1960, responsable des meurtres de Chaney, Goodman et Schwerner en 1964), cite régulièrement Bilbo et son livre comme inspiration idéologique.
1963-1967 : Des extraits sont lus lors de meetings du Klan et distribués sous forme de tracts dans les États du Sud.
3.3. 1970-1990 : Passage dans l’underground national-socialiste américain
Années 1970-1980 : Le livre est réédité par des maisons d’édition de droite, notamment par St. Maries Press (Idaho), lié au mouvement Aryan Nations.
Années 1980 : Rééditions par American Heritage Library et Sons of Liberty (Louisiane), qui distribuent aussi The Turner Diaries et Mein Kampf.
David Duke (ex-Grand Wizard du Klan, puis leader du NAAWP) cite fréquemment Bilbo et recommande le livre dans ses newsletters et émissions radio dans les années 1980-1990.
3.4. 1995 à aujourd’hui : Canon de la droite blanche en ligne
1995-2005 : Le livre est l’un des premiers textes racistes intégralement numérisés sur Internet (sur des sites comme Stormfront, créé en 1995 par Don Black, ex-Klan).
2000-2025 : Disponible en PDF gratuit sur des centaines de sites (Archive.org, VDARE archives, certains serveurs russes ou islandais). Il est toujours téléchargé des dizaines de milliers de fois par an. Toujours vendu (version papier) sur des sites comme Amazon (par des éditeurs « historiques ») jusqu’en 2020-2021, puis retiré sous pression, mais toujours disponible sur des plateformes alternatives (Lulu, etc.).
3.5. Un héritage combattu par les ennemis du monde blanc
La mémoire de Theodore G. Bilbo et sa statue ont été très violemment prises pour cible depuis une dizaine d’années, surtout après 2015 et l’explosion du mouvement Black Lives Matter. Sa statue en bronze, qui se trouvait depuis 1949 au Capitole de l’État du Mississippi à Jackson, a été retirée en 2022 après des années de campagne et une décision quasi-unanime de la commission des bâtiments publics.
Son nom a été effacé de plusieurs lieux publics :
– En 2018, l’université de Southern Mississippi a renommé le bâtiment « Bilbo Hall » (une résidence étudiante).
– En 2021, le comté de Pearl River (où se trouve Poplarville, sa ville natale) a retiré son nom d’un pont et d’une route.
– En 2022, la ville de Poplarville elle-même a enlevé la plaque « Theodore G. Bilbo Memorial Highway » sur la route qui menait à sa maison.
Les habitants du Mississipi ont finalement répondu à la question de Bilbo : entre la séparation et l’abâtardissement, ils ont choisi le second.
Sources :
- Liste exhaustive des sources utilisées pour toutes les réponses précédentes (titres et références, sans liens) :
- Mississippi History Now (Mississippi Department of Archives and History) : “Theodore Gilmore Bilbo: Thirty-ninth and Forty-third Governor of Mississippi: 1916-1920; 1928-1932”
- University of Southern Mississippi McCain Library & Archives : “Collection: Theodore G. Bilbo Papers”
- U.S. Senate Historical Office : “The Election Case of Theodore G. Bilbo of Mississippi (1947)”
- University of Southern Mississippi Libraries : “Theodore G. Bilbo and the Greater Liberia Act”
- Auburn University Electronic Thesis and Dissertation : “Mississippi’s Theodore G.Bilbo and the Shaping of Racial Politics, 1946-1948” par Zachary Wakefield
- Biographical Directory of the United States Congress : “BILBO, Theodore Gilmore”
- Civil Rights Digital Library : “Bilbo, Theodore Gilmore, 1877-1947”
- University of Missouri Libraries : “Redneck Liberal: Theodore G. Bilbo and the New Deal” par Chester Morgan
- U.S. Senate Historical Office : “Member’s Death Ends a Senate Predicament”
- Internet Archive : “Take Your Choice Separation or Mongrelization” par Theodore G. Bilbo (édition originale 1947)
- JR Books Online : “TAKE YOUR CHOICE Separation or Mongrelization” par Theodore G. Bilbo
- HathiTrust Digital Library : “Take your choice; separation or mongrelization” par Theodore G. Bilbo
- Britannica : “Theodore G. Bilbo”
- Wikipedia : “Theodore G. Bilbo”
- National Governors Association : “Theodore Gilmore Bilbo”
- Mississippi Encyclopedia : “Bilbo, Theodore Gilmore”
- Journal of Mississippi History : “THEODORE G. BILBO AND THE DECLINE OF RACISM” par Robert L. Fleegler
- Wikipedia : “Poll taxes in the United States”
- Encyclopedia Virginia : “Poll Tax”
- America’s Black Holocaust Museum : “Voting Rights for Blacks and Poor Whites in the Jim Crow South”
- U.S. House of Representatives History, Art & Archives : “The Twenty-fourth Amendment”
- Wikipedia : “Black Boy” (Richard Wright)
- SparkNotes : “Black Boy: Full Book Summary”
- CliffsNotes : “Book Summary – Black Boy”
- Wikipedia : “Fair Employment Practice Committee”
- Britannica : “Fair Employment Practices Committee (FEPC)”
- George Washington University Eleanor Roosevelt Papers Project : “Fair Employment Practices Committee”
- Social Welfare History Project (Virginia Commonwealth University) : “President’s Committee on Fair Employment Practice (FEPC)”
- National Archives : “Executive Order 8802”
- BlackPast.org : “President’s Committee on Fair Employment Practice (FEPC)”
- Newsweek : “Statue of Racist Former Mississippi Gov. Quietly Removed From State Capitol” (2020)
- Mississippi Today : “Statue of Gov. Theodore Bilbo removed” (2022)
- AP News : “Statue of racist ex-Gov. Bilbo quietly moved in Mississippi” (2022)
- The Washington Post : “Sen. Theodore Bilbo embraced great replacement theory to advance racist agenda” (2021)
- The New York Times (archives, 1946) : “BILBO KKK AVOWAL STUMPS MISSISSIPPI”
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