Pestilence 2027 : Édouard Philippe fait une percée triomphale dans les sondages ! – Démocratie Participative

Pestilence 2027 : Édouard Philippe fait une percée triomphale dans les sondages !

La Rédaction
Démocratie Participative
\n31 mars 2026

Dites “Monsieur le Président Édouard Philippe”.

Public Sénat :

Un « come-back » fracassant. Edouard Philippe voit sa popularité auprès des Français largement renforcée après sa réélection comme maire du Havre, de quoi éclaircir l’horizon présidentiel de l’ancien Premier ministre, longtemps présenté comme l’un des hommes forts de 2027, mais qui a connu ces derniers mois un creux sondagier. Il affiche ainsi une cote d’adhésion de 36 % dans le baromètre Odoxa du mois de mars, réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale*, soit un bond spectaculaire de huit points par rapport à février.

Edouard Philippe repasse devant Marine Le Pen (34 %), mais reste derrière Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national conserve la tête du palmarès des personnalités politiques préférées des Français, avec un taux d’adhésion à 38 %, en progression de trois points. En revanche, l’ancien chef du gouvernement creuse l’écart avec Gabriel Attal (28 %), l’un de ses principaux concurrents pour représenter le bloc central en 2027.

Surtout, « Edouard Philippe se réimpose plus que jamais comme le meilleur (voire le seul) candidat pour le ‘camp présidentiel’ : avec 47 % de Français pensant qu’il ferait un bon candidat pour son camp, il devance de 11 points Gabriel Attal (36 %) et de 15 points Gérald Darmanin (32 %). L’écart est encore plus net auprès des sympathisants du centre », analyse Gaël Sliman, le président d’Odoxa. Pour rappel, le président du parti Horizons avait conditionné sa candidature à l’Elysée à sa réélection préalable dans sa ville du Havre, dont il est le maire depuis 2010.

Alors que de nombreux responsables du centre et de la droite appellent à une candidature unique de ces deux familles politiques pour la présidentielle, Odoxa a testé le scénario d’une double candidature au premier tour, celle d’Edouard Philippe et de Bruno Retailleau, le président des Républicains. Si Jordan Bardella arrive largement en tête, avec 34 % d’intentions de vote, c’est Edouard Philippe qui se hisse sur la deuxième marche du podium, donné à 21 %, soit 4 points de plus qu’en novembre, contre seulement 8 % pour Bruno Retailleau.

Avec le scénario d’une candidature commune qui serait incarnée par le Havrais, les 8 % de patron des LR se répartiraient entre Edouard Philippe et Jordan Bardella, qui se voient respectivement donnés à 25 et 38 % d’intention de vote au premier tour. « Ce scénario nous apporte une confirmation : l’électorat LR est aujourd’hui fracturable (voire fracturé) entre deux tropismes de force équivalente, l’un vers le centre, l’autre vers l’extrême-droite », analyse Gaël Sliman.

En tout état de cause, « Edouard Philippe serait aujourd’hui le seul candidat capable de se qualifier face au RN alors qu’il était encore concurrencé par Raphaël Glucksmann en novembre », souligne le président d’Odoxa. Dans les deux hypothèses testées, le co-fondateur de Place publique plafonne à 10 %, soit 3,5 points de moins qu’en novembre.

« Mais c’est surtout au second tour que l’on enregistre un total retournement de situation ! Philippe l’emporterait (52 % vs 48 %) aujourd’hui face à Bardella alors que ce dernier le battait encore nettement en novembre (53 % vs 47 %) », relève encore Gaël Sliman. « S’il y parvient, c’est que le maire du Havre part d’un socle de premier tour plus important qu’en novembre (+ 4 points), tout en améliorant tous ses reports de voix issus des candidats de premier tour : + 13 points auprès des électeurs Glucksmann de premier tour (75 % d’entre eux voteraient Philippe au second tour alors qu’ils n’étaient que 62 % en novembre dernier), + 16 points auprès des électeurs Mélenchon (51 % d’entre eux se tourneraient vers le maire du Havre) et + 29 points auprès des électeurs d’un autre candidat de gauche (Tondelier, Roussel, Arthaud). »

Ces chiffres viennent confirmer une poussée déjà enregistrée par d’autres enquêtes d’opinion. Dans un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche publié samedi, Edouard Philippe est crédité de 20,5 % à 25,5 % d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle, loin toutefois derrière la candidature RN, donnée à 31,5 %-35 %. Là encore, il est le seul candidat testé par cet institut susceptible de battre l’extrême droite au second tour de la présidentielle : à 53 % vs 47 % dans l’hypothèse d’un duel avec Marine Le Pen, et à 51,5 % vs 48,5 % si c’est Jordan Bardella qui remplace la députée du Pas-de-Calais, sur laquelle plane toujours une épée de Damoclès judiciaire.

En juin 2025, le Groupe Bilderberg hésitait encore sur le candidat à soutenir. Philippe et Attal y avaient été convoqués pour y passer un oral d’évaluation.

C’était la première fois que le Groupe convoquait deux candidats à l’élection présidentielle en même temps, signe de l’indécision de la ploutocratie atlantique sur l’homme à soutenir.

Ces sondages sont en train de trancher la question en faveur de Philippe, du moins à ce stade.

C’est ici que l’attitude désastreuse de Marine Le Pen va jouer à plein contre le RN. Sa stratégie judiciaire a été désastreuse, ne pouvant que se convertir inéligibilité. Malgré cela, elle persiste à se dire “candidate” et à présenter Bardella comme une rustine.

L’électorat de plus de 60 ans, qui pèse la moitié des électeurs, sera d’autant moins enclin à le soutenir qu’en plus de son âge et de son absence d’expérience, il sera considéré comme un “plan B” par le RN lui-même.

L’alcoolo-tabagique aurait dû se retirer dès sa condamnation et lancer Bardella d’emblée pour qu’il devienne le seul et unique challenger. La diarchie bancale actuelle ne fait qu’affaiblir la position du RN.

Si l’on ajoute à ça les pitreries philippotistes récentes des nouveaux maires RN à propos du drapeau de l’UE — pitreries soutenues avec sadisme par la femme à chats de Montretout –, c’est la recette pour un échec au second tour.

J’ai donné mon point de vue sur cette affaire hier, mais au delà du fond de la discussion restons-en aux considérations électorales : le RN a explicitement retiré le Frexit de son programme en 2017 pour apaiser l’électorat modéré et assurer sa présence au second tour. Marine Le Pen a passé les dix dernières années à tenir cette ligne. Depuis 24 heures, elle et ses députés expliquent l’inverse sans trop de subtilité.

Les centristes n’ont eu qu’à tirer à vue sur le RN.

Quoi que vous pensiez de ces gens-là, ils ont des électeurs derrière eux, beaucoup d’électeurs, et leur propos porte largement.

Sortir de l’UE implique automatiquement de sortir de l’Euro et la sortie de l’Euro comme de l’UE n’a pas le soutien de l’opinion française. Qu’on soit pour ou contre, c’est la réalité de l’opinion française en 2026.

Si l’on veut gagner un second tour d’une présidentielle, il faut 50,1% et la ligne pro-Frexit ne permet pas de les atteindre.

Remettre ça sur le tapis après 10 ans, après avoir juré l’inverse partout, revient à susciter une somme insurmontable de questions techniques que personne ne comprend pour un résultat indémontrable. Il n’y a rien de pire pour créer un sentiment d’incertitude et rabattre les électeurs modérés vers des candidats des partis de gouvernement. Philippe, comme ancien premier ministre, a exactement ce profil.

Sans parler du lamentable échec du Brexit britannique qui sera cité en permanence par les concurrents du RN pour discréditer l’idée.

Le pire pour le RN consisterait alors à nier vouloir sortir de l’UE, mécontentant pro et anti à la fois.

Si on ajoute à ça une candidature Retailleau, les chances de Bardella au second tour sont proches de zéro. Retailleau appellera à voter Philippe, ce qui privera le RN de l’électorat du centre-droit qui fera l’élection.

Je dois dire que je suis fasciné par la capacité de Marine Le Pen à perdre une partie de poker qu’elle commence avec quatre as en main.

Peu de gens ont ce talent.

Je ne suis pas devin, mais je pense que nous devrions déjà nous habituer à la future présidence Philippe qui s’annonce à mi-chemin entre celle de François Hollande et d’Emmanuel Macron.

Je pense également que ceux qui croient aux élections devraient prier pour que Marine Le Pen reçoive 5 ans d’inéligibilité et non pas une peine plus courte, car alors elle se poserait immédiatement en candidate pour 2032 afin d’en finir avec les partisans de Bardella.

En fait, nous devrions tous nous préparer pour Marine Le Pen 2042.


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