Qui est français ? – Démocratie Participative

Qui est français ?

La Rédaction
Démocratie Participative
\n16 octobre 2025

 

J’adore ces débats à la con sur “l’identité française”. Je les consomme avec voracité dès qu’il y en un qui pop sur ma TL.

Ce sont des débats increvables. Il y en avait il y a 30 ans, il y en aura dans 30 ans, jusqu’au jour où quelqu’un fera remarquer que les détenteurs d’une carte d’identité française sont à 90% foncés. Ce jour-là, tout le monde sera enfin d’accord.

Là, c’est Gannat, un type certainement sympathique et courageux, qui débat avec Henda Ayari, l’héroïne de la bollosphère et de Shannon Sebban qui mène les “patriotes de la diversité” (ils sont une solide quarantaine) avec “Ben Le Patriote”, musulman (mais c’est compliqué).

Gannat échoue car il refuse de s’assumer raciste. Alors il utilise la ficelle de “l’assimilation”, chère à Marine Le Pen et Éric Moïse Zemmour, pour tenter de prendre l’ascendant et mettre en boîte la partie adverse.

La rabza, qui sait pertinemment que les Blancs sont paralysés par le tabou racial et que la loi antiraciste lui donne la France en partage, n’a aucun mal à jouer la carte du “patriotisme” consistant à payer ses impôts et à encourager l’Équipe de France.

Le match, perdu d’avance, est plié.

“La révolution… mais nous y assistons tous les jours… la seule, la vraie révolution, c’est le facteur nègre qui saute la bonne” (Céline)

Comme avec le cadavre chrétien, cette histoire de “patriotisme” tricolore est à archiver dans la rubrique nécrologique des concepts.

Soyons clair : si vous acceptez le principe démocratique, la République (avec un R majuscule), ne serait-ce que pour accéder aux médias et ne pas encourir de poursuites judiciaires (innombrables en cas de déviationnisme), vous êtes obligé de valider la nationalité telle que définie par la constitution française et le libéralisme démocratique qui lui sert de base.

Pas de oui, de mais, de peut-être : c’est simple à comprendre.

Article premier :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

Voilà, c’est tout.

Il n’y a rien au delà, et il n’y aura jamais rien au delà.

Le dogme entier est là, sous les yeux de tout le monde, et surtout des bistres.

Je n’en veux plus aux métèques d’en user. C’est dans l’ordre des choses. Un renard trouve la porte du poulailler ouverte, il entre. Ceux qui nous abusent, ce sont les autres, tous les autres, ceux qui nous prennent pour des couillons en nous faisant croire que la faune qu’ils ménagent cyniquement puisse être autre chose que ce qu’elle est : une masse invasive, odieuse, écoeurante, hostile. Cette alchimie hasardeuse est le fonds de commerce de la droite démocratique, consumée par ses calculs d’épicerie électorale.

Sauf à abjurer la démocratie, cet article premier de la constitution de la Cinquième Putain sera la définition de la nationalité et de l’ordre social en France, jusqu’à overdose d’immigrés. Ensuite, et seulement ensuite, les plus nombreux décideront du nouveau cadre.

En attendant, la francitude de papiers est ce qui dominera parce que c’est celui que les Français (de race blanche) plébiscitent.

Les Français, dans leur masse et leur inertie, aspirent comme Mélenchon à la créolisation tranquille. Le mulâtre est son graal personnel, celui qu’il s’astique en toute intimité.

Vous en doutez ?

Prenez n’importe quelle histoire où il est question d’un cafre venu de son Afrique profonde, bravant la Méditerranée pour venir réclamer ses droits à la francité, “à une vie meilleure”, occupant un emploi (illégalement) dans l’échoppe d’un Thénardier de province, une boulangerie quelconque, et jurant son amour de la France, sa sincère envie de larbiner : le torrent de commentaires admiratifs et passionnés pour ce futur compatriote fiscal est unanime, sourd. Contestez et les foules gauloises lyncheuses se ruent, protestent, s’indignent, menacent et maudissent.

“Ah bien au moins lui il bosse, c’est pas comme tous les assistés bien de chez nous hein !”

Un continent, immense et méconnu, d’une connerie phénoménale est là, tout proche.

La France, dans son tréfond, se languit : on lui a promis le nègre, elle le veut, il tarde, elle geint, mouille, s’angoisse, soupçonne.

Faites l’expérience, encore une fois, de cette impatience.

Le terme de “peuple historique” ou de “Français de souche” qu’essaye de défendre impossiblement Gannat a autant de valeur que “Normands” ou “Berrichons” : ça existe, mais n’a pas de réalité légale.

Or, en démocratie, la loi est tout.

Rien de ce qui existe dans le domaine politique ou médiatique, clefs des consciences, ne s’y soustrait. C’est bien Ayari qui se trouve du côté de la réalité, froidement étatique et légale, pas Gannat.

Alors restent les souvenirs, certainement.

Le verbiage sur “l’assimilation”, dont abusent les eunuques de la droite française, ne recoupe aucune réalité juridique et n’a aucun caractère opérationnel. C’est un moulin à prières qui a autant d’efficacité que ceux en usage au Tibet

Permet d’assimiler Algériens schizos et violeurs congolais, ramène l’être aimé et répare les ordinateurs

C’est d’ailleurs heureux, car “l’assimilation” ne veut rien dire d’autre que l’abâtardissement par le mélange racial — un vieux rêve hébraïque. Si c’est le rêve de tous les exaltés qui se revendiquent de la révolution française et du tricolore, ça n’a pas le moindre début de matérialisation dans la France de 2025.

La France n’a pas pu absorber 3 millions de Maghrébins dans les années 1960-1970, elle n’absorbera pas une immigration planétaire qui pèse désormais 17 ou 18 millions d’individus en 2025 et qui pèse encore plus lourdement dans les naissances.

La seule assimilation qui semble prendre forme est celle des Français à la sous-culture des banlieues afro-maghrébines, et d’abord par le rap et le sabir qu’elles utilisent.

Vous allez me dire, “bon, et alors ?”

Et alors c’est le verrou mental du racisme qui doit sauter, pas s’attacher à une “nationalité” administrative qui produit des Français de papiers en quantités industrielles.

On pourra toujours se dire français, et pour longtemps, comme on se dit Arverne. Ce n’est pas interdit, ça a son charme. L’État-nation est canné, absolument, et il n’est plus que le service des pompes funèbres qui vient frapper à notre porte.

À la Henda Ayari, j’aurais simplement dit :

Je suis blanc, vous non, c’est entre nous un Mur de Berlin que les millénaires n’abattront pas, immédiat et éternel. Je ne vous connais pas, ne veut pas vous connaître, me fous de ce que vous êtes ou deviendrez, parce que vous n’êtes pas de ma race, que tout nous sépare et que tout doit nous séparer. Je ne veux pas être du même État que vous, du même pays que vous, et le tricolore n’y changera rien. Je suis venu vous dire que nous n’avons rien à nous dire, sur rien. Ce qui importe entre nous est le silence, tout ce que nous n’avons pas à nous dire. Le silence et la distance, à perpétuité. À présent, organisons ça.

Voilà une base de départ pour évoquer la question de la grande séparation.