La Rédaction
Démocratie Participative
\n24 août 2026

Le réarmement démographique voulu par Macron a enfin débuté.
Il est environ 9h45, mardi matin à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis), lorsque le couple s’apprête à partir pour la maternité. Le père, que nous appellerons Fass, un nom d’emprunt à sa demande afin de préserver son anonymat, monte chercher les dernières affaires. Sa femme, enceinte de son sixième enfant, commence à descendre les escaliers.
« Elle me dit : Ça arrive, ça pousse ! » raconte-t-il. Fass cherche alors la voiture, avec les deux valises de maternité dans les mains. Mais il n’aura finalement pas le temps de rejoindre le véhicule. Sa femme s’allonge au sol, juste au-dessus des marches de l’escalier, devant leur immeuble. Le bébé est déjà sur le point d’arriver.
Ancien soldat du feu, Fass connaît les gestes qui sauvent. Il a déjà assisté à un ou deux accouchements lorsqu’il était en service, dans un camion de pompiers. Mais cette fois, il ne s’agit plus d’une intervention parmi d’autres. C’est sa femme, leur enfant, et le tout se passe devant leur immeuble, en pleine rue. « J’ai procédé à l’accouchement », résume-t-il simplement.
Sous une serviette, le père accompagne les dernières minutes de cette naissance inhabituelle. Autour de lui, des voisins commencent à comprendre ce qui se joue. Certains accourent. L’homme chargé du nettoyage de l’immeuble apporte son aide et des couvertures pour protéger la mère et le nouveau-né. Une voisine, qui gardait autrefois Fass lorsqu’il était enfant, est également là.
Lorsque le bébé naît, son père cherche surtout à le protéger du froid. « J’ai dû le mettre dans un sac-poubelle pour qu’il n’attrape pas froid », raconte-t-il. Une image saisissante alors que, quelques minutes plus tôt, la famille se préparait simplement à prendre la route de la maternité.
Les secours sont appelés. Les pompiers arrivent rapidement, selon le père, après environ un quart d’heure. « Comme j’étais pompier, j’ai eu la chance de savoir quoi faire », explique-t-il. L’intervention se poursuit alors avec les professionnels. La mère et l’enfant sont pris en charge et transportés à l’hôpital. Tous deux vont bien.
Parmi les premiers à comprendre ce qui se passe, Ibrahima, voisin et ami de longue date de Fass. Vers 9h30-10 heures, il entend des cris depuis son appartement. « J’ai cru que c’étaient des jeunes qui criaient. » En regardant par la fenêtre, il reconnaît son ami et sa femme.
Il l’appelle pour lui proposer son aide. « Tellement il était à fond, il m’a dit qu’il n’avait pas besoin d’aide. » Ibrahima descend malgré tout avec sa mère. « Je me suis dit qu’il gérait bien, il avait les bons gestes. Il était au téléphone avec les pompiers », raconte Ibrahima. Il vient surtout apporter un soutien moral à son ami.
Pour Ibrahima, la scène reste difficile à réaliser. « J’étais choqué que ça arrive en bas de chez moi. Ça m’a fait bizarre. » « Ça a paru durer deux minutes », ajoute-t-il. Un accouchement express qui n’étonne qu’à moitié le père. Sa femme a toujours accouché rapidement. Pour son précédent enfant, il n’avait fallu que quatre minutes.
Cette fois encore, tout est allé à une vitesse folle. Mais le contexte restera, lui, gravé dans les mémoires : un bébé venu au monde sur un trottoir de Neuilly-Plaisance, à quelques mètres de leur immeuble, sous les yeux de voisins devenus, le temps de quelques instants, les témoins d’une naissance pas comme les autres.
Dans le quartier, Fass est loin d’être un inconnu. Il est très impliqué dans la vie locale et auprès des associations. Ce mardi matin, c’est pourtant dans un tout autre rôle qu’il s’est retrouvé au centre de l’attention : celui d’un père, contraint de mettre son expérience de pompier au service de sa propre famille.
Ce soutien à la natalité française, qui ne cesse de chuter, est une bonne nouvelle pour le PIB et les retraites.

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