Une défaite n’est pas éternelle

La Rédaction
Démocratie Participative
\n08 mai 2026

 

Je crois que nous avons tourné Douguine en dérision depuis le début de l’existence de ce site. Ce serait une trop vaste discussion. Disons simplement que Douguine est un adepte du mysticisme juif le plus absurde. Je ne peux pas prendre au sérieux une personne qui prend les insanités juives au sérieux.

Cependant, il a subi des attaques d’une certaine droite ces derniers jours pour des déclarations qui sont pour une bonne part vraies, une fois qu’on a laissé de côté ses habituelles bouffées de délire.

Les Blancs ? Ils ont détruit le monde et se sont détruits eux-mêmes. Être blanc, c’est être nihiliste. C’est une race qui se déteste elle-même. Elle a causé tant de malheurs aux autres et à elle-même. Elle a perdu le droit d’exister. Aucun argument ne justifie son existence.

Les Blancs ont imposé le libéralisme et le capitalisme partout dans le monde et au sein même de leur propre communauté. Ce fut une invention suicidaire. La pire perversion de la tradition. Le sort des Blancs est scellé. Guénon avait tout à fait raison. C’est la fin, mes amis.

Les Blancs, c’est-à-dire les Indo-Européens selon Dumezil, ont toujours eu pour idéologie fondamentale une structure tripartite : prêtres, guerriers, travailleurs (paysans). La bourgeoisie capitaliste, avec la modernité, l’a totalement détruite. Le capitalisme est une idéologie anti-blanche. Ce sont les Blancs qui l’ont mise en œuvre.

C’est factuel.

Nous vivons depuis trois siècles une révolution spirituellement anti-aryenne qui approfondit encore l’entreprise de destruction psychologique que l’abrahahisme a engagé en Europe il y a 20 siècles.

Les deux récents articles de Ricardo Duchesne que nous avons publiés sur la phase terminale de l’ère bourgeoise occidentale sont particulièrement éclairants à ce sujet.

On ne peut pas prendre au sérieux la ligne de démarcation que Douguine tente de tracer artificiellement entre États prétendument « traditionalistes » non-occidentaux et l’Occident lui-même. L’État chinois est le produit du bolchevisme juif. Il a été édifié sur les ruines de l’ancienne culture chinoise dont il ne reste plus rien ou presque. Comme la Révolution française, la révolution culturelle maoïste y a standardisé la société par la terreur et a fait de chaque Chinois une entité économique qui n’avait plus qu’à être mobilisée par la bourgeoisie qui a émergé dans les années 1980.

L’État russe actuel, lui-même largement produit par la révolution léniniste, peut prétendre à une forme de simulacre « traditionaliste » en usant et abusant du recours au christianisme orthodoxe, mais il a échoué à rendre la société russe immune à nombre de maux qui rongent les démocraties occidentales. La dénatalité, le taux de divorce, la consommation de drogue et les niveaux d’immigration y sont aussi massifs, voire parfois supérieurs.

Ce qui différencie la Russie, l’Iran ou la Chine de l’Occident, c’est que ces États sont en retard par rapport à leurs propres sociétés qui ont adopté de nombreuses caractéristiques du nihilisme inhérent au modèle consumériste. Ils tentent de résister extérieurement à cette transformation économique et sociale qui a déjà pris fermement racine à l’intérieur.

Il y a bien entendu une différence symbolique entre un État accélérationniste occidental qui embrasse complètement le nihilisme consumériste et un État réactionnaire non-occidental qui tente, non sans schizophrénie, de s’y opposer tout en voulant être performant économiquement selon les standards capitalistes. Dans les faits, la désagrégation des sociétés par la primauté du capital et de ses technologies de rupture les condamne à un réajustement ultérieur, soit par un accommodement progressif, soit par une révolution démocratique.

Cette fausse dichotomie doit être rejetée sans plus de développement.

La position eurasiste de Douguine est le négatif de celle de la droite atlantiste : les deux se nourrissent de la division de l’Europe, les uns au profit objectif des États-Unis, les autres au profit objectif de la Chine. Le pseudo-« eurasisme » de Douguine est un plaidoyer pro domo qui visait à l’origine à sécuriser l’influence russe sur l’Asie centrale héritée des tsars et de l’URSS. Aujourd’hui, il ne fait qu’accompagner l’influence chinoise qui partout s’emploie à déloger les Russes. C’était d’ailleurs inévitable. Tôt ou tard, les hordes des steppes devaient finir dans l’orbite de Pékin.

Ce qui exclut la Russie de toute régénération est l’illusion qu’elle pourrait développer une voie autonome, sans le reste de l’Europe. Son histoire étatique contemporaine découle de l’héritage de la guerre contre l’Allemagne hitlérienne. C’est en tant que masse bolchevisée, explicitement anti-aryenne, que la Russie soviétique a mené cette guerre et a pu exister comme grande puissance après 1945. La Russie ne peut pas admettre que la position nationale-socialiste était juste et que l’URSS devait perdre. Elle ne peut donc plus s’extraire de son auto-glorification antifasciste et antiraciste, ce qui, comme dans tous les autres États occidentaux, verrouille la renaissance d’un idéal aryen. Parade du 9 mai après parade du 9 mai, il y a toujours moins de Blancs en Russie et toujours plus d’allogènes. Mais au moins, le simulacre est préservé.

On peut dresser le même bilan des épisodes de gloriole similaire en Amérique ou en France, où tous célèbrent la défaite de la race blanche que l’Allemagne nationale-socialiste défendait de facto, que ça plaise ou non.

J’accorde au moins à Douguine un constat partiellement correct sur la généalogie du démantèlement de l’Europe aryenne, même s’il se garde bien de dénoncer l’abrahamisme qui en est la cause la plus ancienne. Douguine enrobe cette critique historique d’une gangue de misérabilisme destinée à un public basané à faible QI que personne à Moscou ne prend au sérieux hors caméra, même si le gouvernement russe peut s’en servir à des fins de relations publiques. Les Russes demeurent des Slaves et de ce seul fait font organiquement partie du monde aryen. Pour une simple question de masse, il n’existe aucune réalité alternative où les Slaves de Russie pourraient survivre et prospérer tandis que les autres peuples blancs d’Europe auraient disparu, tout en étant par ailleurs aussi infectés qu’eux par le virus à l’origine de leur disparition.

Ma position est différente : pour survivre, la race blanche doit garantir l’indépendance de sa matrice, l’Europe, et celle-ci doit s’unifier en un État continental qui va, comme on le dit d’ordinaire, de Brest à Vladivostok. Cette indépendance devrait être conquise parallèlement à une révolution aryenne qui renverserait le système capitaliste et sa bourgeoisie au profit d’un ordre aryen qui subordonnerait à nouveau la troisième classe à un ordre aristocratique.

Que veut dire « renverser le système capitaliste » ?

Cela signifie d’abolir l’autonomie du capital et de subordonner l’économie au bien du peuple en tant que communauté raciale. Aucune décision économique ne pourrait être prise en dehors de la souveraineté raciale du peuple. Seul un État raciste et autoritaire peut disposer de la vision à long terme et des moyens politiques nécessaires à un tel ordre de finalité.

Toute entreprise « souverainiste » adjacente à la grande souveraineté raciale ne sert qu’à alimenter la fragmentation du continent européen, donc à maintenir l’occupation étrangère qu’il subit par les grandes puissances non-européennes, occupation qui empêche ensuite toute résistance raciale sérieuse.

Si je soutiens la Russie face à l’OTAN, ce n’est pas pour les raisons invoquées par Douguine. C’est un choix tactique purement défensif. Si une révolution démocratique pro-occidentale advenait en Russie comme le veulent les partisans de l’Ukraine, le modèle occidental disposerait de ressources illimitées pour refinancer ses États endettés et poursuivre sa marche vers le déploiement maximal des effets du libéralisme multiracial. Ce qui signifierait la mort de la race blanche au XXIe siècle.

Pour autant, aucun des États actuels ne peut répondre à l’impératif de la grande souveraineté raciale. Cette grande souveraineté ne peut pas advenir sans que l’idée de la grande souveraineté raciale n’ait elle-même pris racine dans l’esprit aryen. Cela signifie de l’émanciper de toutes les scories exogènes du passé et du présent, de se tourner vers l’avenir et de vouloir un ordre de choses radicalement nouveau qui s’incarne dans l’empire européen.


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