La Rédaction
Démocratie Participative
\n24 août 2026

Saint-Mandrier
L’oeuvre civilisatrice de la France se poursuit.
Difficilement.
Ce sont des vacances qui ont littéralement tourné au cauchemar. C’est dans la salle du tribunal correctionnel de Toulon qu’Anna (1) a découvert le visage de son agresseur. Profondément choquée, cette chef d’entreprise de 44 ans, originaire des Pyrénées, est revenue sur cette nuit du 25 mai 2026, alors qu’elle profitait de ses vacances à Saint-Mandrier, à bord de son bateau, avec des amis.
« Cette nuit-là, je me suis couchée vers 3 h 40 du matin. Mes amis dormaient dans d’autres cabines. J’étais en plein sommeil lorsque j’ai été réveillée par sa langue entre mes jambes », relate cette mère de deux enfants, la voix tremblante. Jean-Jacques, originaire de Nouméa et alors en formation à l’école militaire de Saint-Mandrier, avait pénétré discrètement à bord du bateau, amarré au port, avant de se rendre dans la cabine où elle dormait. Il lui a retiré son short et lui a infligé un acte sexuel. « J’ai hurlé, il m’a dit “Pardon, Madame”, puis il a pris la fuite. »
La vacancière poursuit son agresseur, mais ne parvient pas à le rattraper. Blessée dans sa course, elle bénéficiera de deux jours d’ITT. « Depuis, je vais très mal. Je n’arrive plus à me concentrer, je fais des crises d’angoisse en permanence. Je suis suivie et sous antidépresseurs. »
Certes, mais c’est un prix bien modeste à payer pour maintenir l’île des Kanaks au sein de l’empire français.
« Vous vous rendez compte du traumatisme vécu par votre victime ? », interroge la présidente du tribunal, Marie-Laure Arnouil. Face aux magistrats, le prévenu de 25 ans décide de jouer la carte de l’amnésie. « Oui, mais j’avais bu, je ne me souviens de rien. » « Que faisiez-vous sur ce bateau, sans y avoir été invité ? » « Je cherchais de l’alcool, peut-être… Je sais plus. »
Ce n’est qu’un mois après les faits que le suspect sera appréhendé. Interpellé au sein même de l’école militaire, puis exclu de l’établissement, Jean-Jacques aurait pu se retrouver devant une cour d’assises. « Nous avons correctionnalisé l’affaire avec l’accord de la plaignante, pour que la justice soit rapide et qu’elle puisse entamer sa reconstruction. Vous auriez pu comparaître pour viol », lance la procureure, qui promet d’être « intransigeante » : « C’est un individu qui agit par pulsions, c’est un prédateur sexuel, il est dangereux. »
Si le prévenu assure ne « se souvenir de rien », il explique en revanche « être monté sur un bateau au hasard ». Une version mise à mal par les images de vidéosurveillance. On le voit notamment échanger brièvement avec sa future victime. « Nous l’avons croisé sur le quai, raconte Anna. Il nous a dit qu’il était invité sur un bateau, puis il est revenu énervé en disant qu’ici, les gens n’aimaient pas les personnes de couleur. » Loin d’imaginer la suite, le groupe d’amis part alors se coucher.
« Elle se pensait en sécurité, dans sa chambre, dans un lieu privé », fustige la présidente. « Et en plus de cela, elle repartira de cette audience sans comprendre pourquoi cela lui est arrivé à elle. Sans aucune explication de votre part. »
En partie civile, Me Noémie Place dénonce « des faits abominables ». L’avocate déplore également la position adoptée par le prévenu devant le tribunal : « Il dit ne pas se rappeler. Mais lors de sa garde à vue, il n’était pas si amnésique. Avant de fuir, il lui a dit “pardon”. Il savait très bien que ce qu’il faisait était interdit ! La vie de ma cliente a complètement changé depuis cette agression. »
Me Jonas Morvan tente de son côté d’humaniser le prévenu : « Il avait bu à outrance, et a un trou noir. C’est un jeune homme qui a été élevé au sein d’une famille aimante, chrétienne, et qui aspirait à une carrière militaire. » L’avocat pointe également du doigt la procédure : « Il n’y a eu qu’une seule audition. S’il y en avait eu d’autres, les explications auraient pu être plus poussées ! »
Le jeune homme a été reconnu coupable par le tribunal, qui l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux fermes, avec maintien en détention.
Notre Kanak sera donc libre dans un an.
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