Qui est le patient zéro ? – Démocratie Participative

Qui est le patient zéro ?

La Rédaction
Démocratie Participative
\n11 avril 2026

 

C’est un fléau racial trop bien connu : de 1979 à 2021, près de 100 000 étrangers ont été adoptés en France, dont 10 à 15 000 Africains au bas mot.

Les Bretons — et surtout les Bretonnes — se sont particulièrement distingués dans cet exercice comme l’actualité récente nous l’a rappelé.

Comme dans toute pandémie, la question du patient zéro se pose : qui est en France celui ou celle qui a, le premier, contracté cette pathologie ? La réponse, hélas, risque de mécontenter certains et d’en conforter d’autres.

Stanislas de Boufflers avait la manie d’aimer les cafres

Né vers 1781-1782 au Sénégal (alors colonie française), “Jean” commence sa vie comme beaucoup de ses congénères de l’époque : capturé et réduit en esclavage par des tribus locales. En 1787 toutefois, le chevalier Stanislas de Boufflers — gouverneur, poète, aventurier et ami du progrès démocratique — décida de jouer les sauveurs pour tuer l’ennui. Il rachète plusieurs négrillons pour leur éviter la traversée atlantique, souvent mortelle, et ramène en France “Jean” (âgé d’environ 5-6 ans,) accompagné d’un perroquet.

Marie-Antoinette

Boufflers présente son « présent » à Marie-Antoinette à Versailles. La cour s’attend à ce qu’il devienne un page noir, comme c’était la mode. Marie-Antoinette trouve l’idée « embarrassante », émue par le sort du négrillon. Au lieu de s’en faire un domestique, elle le fait affranchir, le confie à l’un de ses garçons de chambre (Jean Müller), et décide d’en faire son fils adoptif Marie-Antoinette ne lésine pas.  Le christianisme ignorant les races, le 20 août 1787, à l’église Notre-Dame de Versailles, le petit Sénégalais est baptisé sous le nom de “Jean Amilcar” (parfois Jean Amilcar Müller). Marie-Antoinette est sa marraine. On lui apprend à lire, à écrire, et on l’initie au dessin. Plus tard, Jean est placé en pension ou confié à des domestiques royaux. La Reine paie sa pension et continue à veiller sur lui. Dans le luxe de Saint-Cloud ou des environs, le petit garçon goûte à une vie bien éloignée de son Sénégal natal. C’est la démocratie qui interrompt l’entreprise.

“Jean Amilcar”, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette

En octobre 1789, la famille royale est ramenée de force à Paris par une meute de femelles enragées, aux Tuileries. Jean, alors âgé d’environ 8-10 ans, est placé dans une institution pour enfants à Saint-Cloud. Marie-Antoinette continue à payer les 400 livres annuelles de pension tant qu’elle le peut (jusqu’en août 1792). Mais la Révolution s’accélère. La monarchie est abolie, la Reine est emprisonnée au Temple. Impossible donc de continuer les versements. Jean se retrouve sans protectrice. Son maître de pension, le citoyen Quentin Beldon (ou Bledon), veille au grain : il continue à s’occuper de lui malgré sa propre ruine, même sans être payé. Beldon écrit à la Convention pour demander de l’aide, arguant que Jean est l’orphelin d’une « ancienne esclave » et fils adoptif de la défunte Reine.

La République, déjà enamourée des nègres qu’elle avait affranchi en 1793, finit par accepter de subventionner l’éducation du Sénégalais. Le 2 mars 1796, grâce à l’intervention de Beldon, “Jean”, alors adolescent (environ 14 ans), est admis à l’École nationale de Liancourt à Paris pour y apprendre le métier d’artiste-peintre. Quelques semaines plus tard, le 18 mai 1796, il meurt d’une maladie inconnue à l’hospice de l’Unité, l’ancien hôpital de la Charité, à Paris, angle rue Jacob et des Saints-Pères.

Comme dit l’adage : le poisson pourrit par la tête.

Cette maladie affectait déjà la France à son sommet au 18ème siècle et Marie-Antoinette est la première à en avoir exprimé les symptômes. N’allez pas croire qu’à l’époque on méconnaissait la question raciale, loin s’en faut.

Montesquieu, dans l’Esprit des lois (1748), s’en amuse.

« Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. »

Quelques années plus tard, Voltaire lui emboîte le pas dans son Essai sur les moeurs et l’esprit des nations (1756).

« La race des Nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre […] on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est très inférieure. Ils ne sont pas capables d’une grande attention, ils combinent peu […] Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. »

Helvétius s’interrogeait sur ces déficiences remarquables. Dans De l’Esprit (1758), il croyait discerner l’origine du problème dans le climat.

On conviendra qu’il n’arrive presque jamais qu’un nègre, transporté dans nos climats, devienne un homme de génie, et qu’il excelle dans les arts ou dans les sciences. […] La différence des climats produit donc une différence réelle dans les esprits des hommes.

Ces sages et empiriques observations ne tardèrent pas à être combattues bien perfidement par des auteurs amis de l’humanité, démocrates.

L’Abbé Raynal dans Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes (1770) se mit en tête de chercher l’origine des nombreux défauts et manques des noirs qu’il n’ignorait visiblement pas. Pour lui, la chose était entendue : elle se trouvait chez les Blancs. “Soyez gentils avec les noirs et vous serez assurés d’en faire des égaux irréprochables” tranchait-il.

« Les nègres sont bornés, parce que l’esclavage brise tous les ressorts de l’âme. Ils sont méchants : pas assez avec vous. Ils sont fourbes, parce qu’on ne doit de la vérité qu’à ceux qui la méritent. Ils sont voleurs, parce qu’on ne peut rien posséder en sûreté. Ils sont paresseux, parce que le travail n’a pour eux aucun fruit. »

Condorcet, qui ne pensait pas différemment, y alla franchement dans son Traité sur l’esclavage des nègres (1780).

« La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. »

Le désastreux et inepte concept d’égalité raciale prospère en France depuis 250. Et en 250 ans, la France est devenue une porcherie génétique comme chacun peut en prendre la mesure en s’aventurant dans les rues de n’importe quelle ville de ce pays.

Louis XVI

Certes la chose n’était pas aussi monolithique : un an avant que Marie-Antoinette n’adopte son négrillon, Louis XVI s’émouvait du nombre effrayant de noirs dans le royaume, évalué alors à 4 ou 5 000 !

Le 9 août 1977, le roi prit des mesures drastiques.

« Nous sommes informés aujourd’hui que le nombre des noirs s’y est tellement multiplié, par la facilité de la communication de l’Amérique avec la France, qu’on enlève journellement aux colonies cette portion d’hommes la plus nécessaire pour la culture des terres, en même temps que leur séjour dans les villes de notre royaume, surtout dans la capitale, y cause les plus grands désordres ; et, lorsqu’ils retournent dans les colonies, ils y portent l’esprit d’indépendance et d’indocilité, et y deviennent plus nuisibles qu’utiles. Il nous a donc paru qu’il était de notre sagesse de déférer aux sollicitations des habitants de nos colonies, en défendant l’entrée de notre royaume à tous les noirs.

Nous voulons bien cependant ne pas priver ceux desdits habitants que leurs affaires appellent en France, du secours d’un domestique noir pour les servir pendant la traversée, à la charge toutefois que lesdits domestiques ne pourront sortir du port où ils auront été débarqués, que pour retourner dans la colonie d’où ils auront été amenés. Nous pourvoirons aussi à l’état des domestiques noirs qui sont actuellement en France. Enfin, nous concilierons, par toutes ces dispositions, le bien général de nos colonies, l’intérêt particulier de leurs habitants, et la protection que nous devons à la conservation des mœurs et du bon ordre dans notre royaume.

Il n’en demeure pas moins que le ver était dans le fruit. L’antiracisme est devenu une moralité qui a prospéré sur le fumier du judéo-christianisme en décomposition. Ce n’est pas le peuple qui s’est épris de cette idée à l’origine, mais bien l’aristocratie et la bourgeoisie françaises. Comme il est d’usage, c’est par le mimétisme social que cette bourgeoisie s’empressa de singer — c’est le cas de le dire — les oisives et pourrissantes élites à particule du pays.

Et aujourd’hui nous avons au bas mot 7 millions de nègres sur les reins, soit bien plus qu’hier, mais bien moins que demain.


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